J’avais annoncé il y a fort longtemps que j’avais été convié (en VIP…) à une réception à bord d’un petit bateau navire français à quai au port de Tema… Je tiens à préciser pour les incultes que ce n’est pas un porte avion (comme je le pensais au départ…) mais un porte hélicoptère (nuance!)
Vu que j’allais être présentée à la crème de la crème des expatriés français (c’est à dire l’Ambassadeur et tout le gratin du Consulat…) j’allais pas débarquer en sarouel et tongs! Donc je me revêtis de mes plus beaux apparats, ce qui consiste en une jupe plissée (du type working girl) et de talons hauts (très hauts…)
Première erreur fatale…
Voulant suivre les conseils de mon Grand-Papou ex-marin de son état (c’est à dire de ne jamais arriver seule et non accompagnée sur un navire peuplé de marins en mer depuis plusieurs mois…) j’ai décidé de recruter le Colonel (parrain de ma personne) pour m’accompagner et accessoirement servir de repoussoir si nécessaire… Un Colonel en uniforme de réception, avec tout l’attirail de médailles, ça pique les yeux tellement ça brille, ça ressemble à peu près à ça:
Deuxième erreur fatale…
Après avoir survécu aux embouteillages, après avoir réussi à trouver l’emplacement du navire malgré l’abscence totale le peu d’indication et après avoir garé la voiture dans l’emplacement désigné (manu militari) par le mousse au pompom (on contrarie pas un mousse à pompom…) ![]()
On a enfin pu être confronté à la bête, qui de près est assez impressionnante… (on excusera la très mauvaise qualité de ma photo…)

Mon premier malheur à été d’être confronté à ça:
La passerelle d’accès au navire est comme une échelle mise à l’horizontale avec des marches trop étroites pour poser le pied à plat dessus… lLespace entre deux marches étant lui aussi très étroit, ça n’a pas plu à mes talons et je me suis retrouvée avec le pied coincé… la première fois j’ai réussi à m’extirper mais rebelotte à cause de ces %&@!!! de talons… la deuxième fois la chaussure est carrément passé à travers les marches! Heureusement pour moi un filet avez été tendu sous la passerelle et le gentil mousse au pompom est allé récupéré ma chaussure (je veux même pas imaginer le reste de la soirée si ma chaussure était morte par noyade…)
Je tiens aussi à préciser que je me suis retrouvée toute seule coincée au milieu de la passerelle, le Colonel ayant filé à la vitesse de la lumière! En fait le protocole exige que chaque Officier d’un grade élevé soit annoncé à tout le navire par un sifflement et le marin qui accueille les passagers reste au garde à vue tout le temps où l’Officier grimpe l’échelle, jusqu’à ce qu’il pose le pied sur le navire. Donc inutile de préciser qu’une fois le sifflement retenti il a pas pensé à regarder en arrière pour voir si je suivais ou non…
Enfin bref, après être redescendu pour récupérer ma chaussure j’ai préféré terminer de gravir l’échelle pieds nus pour arriver rouge de honte (et en nage vu que le Ghana c’est l’Afrique tropicale, chaleur moite et humide…) sur le pont inférieur. Comme la passerelle est assez étroite le flux de passagers a dû attendre que je redescende puis remonte… Arrivée sans passer inaperçue réussie!
Après avoir récupéré un
semblant de dignité et rechaussé mes talons, je découvre que la réception a lieu sur le pont supérieur et que j’aurais par conséquent trois échelles verticales à grimper… J’ai bien essayé de maintenir ma jupe en place mais une main tenait le barreau de l’échelle et l’autre tenait mon sac. J’ai donc malencontreusement flashé ma culotte à tout l’équipage réunit sur le pont inférieur…
Mortification intense…
Autre problème de la soirée; il y avait écrit sur le carton d’invitation “dinner” donc moi je m’attendais à avoir un repas assis… et ben en fait non… déjà on a été accueillit avec des feuilles A4 scotchées au mur qui indiquaient “coquetèle” puis on a découvert le buffet avec un assortiment de fromage, pain et charcuterie (le Colonel étant musulman il a moyennement apprécié les différentes variétés française du cochon…) Inutile de préciser qu’après un repas d’une telle frugalité on a vite plié bagage pour aller manger un bon plat ghanéen bien lourd sur l’estomac!
Mais bon avant de terminer la soirée j’ai quand même pu rencontrer l’Ambassadeur en même temps que tout un groupe de personnes. Les présentations ont donc été du genre: Monsieur et Madame Machin, Madame et Monsieur Bidule, Monsieur et son épouse Truc Muche… et quand c’est arrivé à notre tour ça a été Monsieur le Colonel et…. grand blanc de la part de mon collègue français… Camille, la stagiaire!!! J’aurais bien aimé creuser un trou géant pour m’y enterrer mais non… je suis même restée très loin des coupes de champagne et je n’ai même pas pu noyer mon désespoir dans l’alcool (la plateforme sert pour stocker les hélicoptères attachés au sol… donc plein de trous dans le bitume!) J’ai donc pris ma dignité sous le bras après m’être consolée par le fait que j’étais la seule française à savoir parler l’anglais sans un lourd accent (Goudeuh Maurningeuh! Hauweuh arrrrreuh you?) et suis allée prendre l’air accoudée à la balustrade (entretemps j’ai laissé le Colonel tout seul pour qu’il puisse récupérer un max de numéros de téléphone de toutes les étrangères… ma présence l’encombrait légèrement pour remplir cette tache)
Morale de la soirée: si invitée à une réception sur un navire tu es, pantalon et chaussures plates tu revêtiras…



























